Prière d’insérer
« Il attache volontiers tout un champ lexical au coeur même du processus d’élaboration de son travail :
digression, mise en scène, combinaison, connexion, mutation, fragmentation, hybridation, gravitation, rémanence …
Traitées volontairement de manière réaliste, ses digressions iconographiques s’ancrent d’une manière inexorable dans le récit, le conte. Il aime à décloisonner divers domaines de réflexions, établir des connexions, des ponts temporels.
Indéniablement, ses personnages et leurs mise en scène nous entraine dans un univers cinématographique. Enfants bien peignés jouant sagement, hommes en costume cravate borsalino aux allures de détectives menant l’enquête, oiseaux hitchcockiens, flirtent avec des créations à la Steve Jobs ou autre chaussures griffées.
Au lieu d’anachronisme, on préféra parler d’une poétique de l’absurde, d’un fragile équilibre, d’un certain onirisme, souvent teinté d’humour, parfois d’ironie.
Fabien Granet aime l’idée que ses images provoquent des sous entendus, des interrogations, que le spectateur tisse des liens inattendus. Les perspectives tronquées dans ses dessins laissent le champ narratif libre, ouvert. A chacun son histoire …
Il n’impose rien, nous laissant le soin de parfois finir ses phrases, et nous rendant ainsi complices de sa narration. Dans son travail cependant rien n’est laissé au hasard. Ses dessins conçus comme des compositions iconographiques, où l’importance du vide, du trait, du rythme se révèle. »
( Le point Ephémère 2011)